Bonne journée du miméographe

8 août

Il y a 134 ans aujourd’hui, Thomas Edison inventait le miméographe.

« Along with spirit duplicators and hectographs, mimeographs were for many decades used to print short-run office work, classroom materials, and church bulletins. They also were critical to the development of early fanzines because their low cost and availability enabled publication of amateur writings. These technologies began to be supplanted by photocopying and cheap offset printing in the late 1960s. » – Wikipédia

Bonne journée du miméographe à tous.

Le chant de Léonid 2

16 juil

Sarah P. Struve nous donne la traduction de la chanson de Léonid Outiossov.

Dans la chanson, il est question d’Odessa, de la guerre et du jeune Michka qui part en mer. J’aime particulièrement la dernière ligne : « Tu es un marin Michka et un marin ne pleure pas et ne perd jamais courage ».

Non, il ne perd jamais courage.

La voix de Bill Callahan

22 juin

La voix de Bill Callahan semble faite pour les espaces clos.

Le ciel de Veracruz

22 juin

La chanson se nomme « Veracruz ». Pourtant, le vidéo montre Pierre Calvé devant Lévis. Une guitare d’accompagnement joue des arpèges vaguement flamenco et les paroles parlent de voyage, de plages et d’été.

Il y a quelque chose de pénible à le regarder chanter, comme ça, dos au Saint-Laurent. Peut-être que le « coeur de guitare » ou l’« âme de marimba » n’éveillent rien de particulier. Peut-être aussi que de montrer des images de cargos au temps des DC-8 et des Boeing 707 est un peu décalé.

Décidément, l’éloge du voyage de Pierre Calvé ne colle pas. Clairement, il est à quai. Et l’accord majeur à la fin ne fait rien pour nous donner l’espoir de nouveaux départs. Le Veracruz fantasmé qu’il décrit n’existe pas, et surtout, ça se voit, ça s’entend. Il est là, devant Lévis, à nous raconter n’importe quoi, cheveux au vent, chemise bleue à peine entrouverte, l’air de n’être jamais parti et d’en rêver.

Pourtant, sa biographie est claire : « Engagé dans la marine marchande à 16 ans, en 1956, c’est guitare en bandoulière que Pierre Calvé s’embarque pour cette errance, qui durera six ans, le temps de se faire des souvenirs et d’apprendre quelques accords qui lui permettraient de chanter dans les ports Brassens, Félix et ceux qui l’ont inspiré. »

Il a donc vraiment la tête pleine « de soleil, de rhum et de fruits de mer » au moment où il chante sa chanson. Et ce « tu » qui vivra « sa plus belle nuit d’amour », qui est-il en fait ? Se pourrait-il que Pierre Calvé ait raté l’essentiel de Veracruz un peu après le rhum, les fruits de mer et la plage ?

Mourir pour Vera Lynn

21 juin

Vera Lynn chante pour les hommes de la RAF qui reprennent en choeur les paroles de « We’ll meet again ». Évidemment, l’image est orchestrée par la propagande. Les aviateurs sont fiers dans leurs uniformes. Ils ont à peine vingt ans.

Devant eux, Vera Lynn, vêtue de blanc, couleur de paix, de pureté. Elle incarne la femme qui attend patiemment le retour de son homme :

We’ll meet again, don’t know where, don’t know when
But I’m sure we’ll meet again some sunny day
Keep smiling through, just the way you used to do
Till the blue skies chase the dark clouds far away

Je ne peux pas m’empêcher de trouver cette image étrange. Tous ces hommes devant la chanteuse, lui disant qu’ils la reverront après la tempête… Combien d’entre eux ont fini dans une carlingue en feu ? Et surtout à quoi pensaient-ils avant de mourir ? À la liberté, à la fin du fascisme ou encore à Vera Lynn ?

Quand les voitures explosent

18 juin

YouTube regorge de vidéos de voitures qui explosent. Pas que des voitures, d’ailleurs, des tas de choses explosent, sont broyées par des ouragans ou emportées par des tsunamis. Étant donné la quantité de ces vidéos, une seule conclusion s’impose : l’être humain adore voir des images de destruction. Mais pourquoi ?

Dans ce vidéo, on voit deux voitures de course se percuter et prendre feu. À la fin, une musique tragique monte tandis que le pilote sort péniblement de son bolide en flammes.

Il est clair que cette musique vise à produire un sentiment d’empathie chez le spectateur, mais est-ce le but réel ? La musique pourrait en effet servir à nous déculpabiliser de prendre plaisir à regarder ces images, comme pour souligner : d’accord, c’est tragique. Mais, aussitôt le vidéo terminé, YouTube me propose de regarder encore d’autres explosions (ce que je fais, évidemment).

Peut-être en fait que notre intérêt pour le malheur des autres nous sert à survivre, à apprendre que les voitures peuvent exploser et qu’il est préférable de ne pas en percuter une à 200 km/h. À la limite, peut-être qu’on voit quelque chose de beau dans le bal des flammes qui s’étendent au fil des débris et des projections de carburant. Peut-être aussi qu’on en tire une satisfaction malsaine : après tout, c’est pas à nous que ça arrive.

Clara Rockmore

15 juin

Léon Theremin a inventé le thérémine au début du siècle. Lénine voudra en faire l’instrument d’une nouvelle ère, contre la musique bourgeoise. Seul problème, il était impossible d’en jouer, enfin, sauf pour Clara Rockmore.

Le son se rapproche étrangement de la voix humaine à peu de chose près que le trémolo est parfait et que ça sonne un peu le transistor. L’image est vieille, et Clara Rockmore aussi. Il s’agit d’images du passé, pourtant le son du thérémine détonne dans cette atmosphère.

Les montées de la pièce de Rachmaninov transpercent le temps, on les dirait sorties d’une époque qui n’a jamais existée, une sorte de futur paléontologique.

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